Église de Dieu en Christ, mennonite

Car aucun autre fondement ne peut être posé que celui qui a été posé, qui est Jésus-Christ. 1 Corinthiens 3:11

LES PETITES CHOSES

Article classé dans la catégorie : édifiant De petites gouttes d’eau, De petits grains de sable, Font de grands océans Et des paysages agréables. (Traduit du texte allemand de A. Heinrich, Kleine Tröpflein Wasser)

Plusieurs d’entre nous se souviennent des jours où nous allions aux camps bibliques d’été, quand nous chantions ce chant en tant qu’enfants innocents. La plupart d’entre nous n’avons jamais vu l’océan ni les sables du désert, et nos esprits étaient incapables d’imaginer l’immensité des choses au sujet desquelles nous chantions. Mais même à cette époque nous rêvions déjà de grandes choses : de montagnes majestueuses, de gratte-ciels, de magnifiques navire, d’avions laissant des traînées de fumée dans le ciel et de locomotives puissantes tirant des trains s’étirant sur plus d’un kilomètre, et nous aspirions à les voir et à les ressentir. On décerne des prix à tout ce qui est le plus grand, le plus rapide, le plus magnifique, ou encore le plus puissant, mais il y a un dénominateur commun qui unit toutes ces choses : elles sont toutes faites de petites choses. Constituées de manière unique, merveilleusement façonnées et assemblées, toutes ces grandes choses sont composées de beaucoup, beaucoup de petites choses. En parallèle, de puissants microscopes ont été développés non pas pour observer les grandes choses, mais pour examiner les choses les plus petites. Pourquoi ? Parce qu’elles sont importantes. Très importantes. Tellement importantes que nous voulons en parler. La Bible dit que notre vie est comme un récit, et les nécrologies que nous lisons nous le rappellent bien. Elles touchent sur les faits saillants, mais le manque de place interdit de raconter les nombreuses choses qui ont entraîné ces faits saillants. Ces grands moments ne sont pas arrivés sans cause, mais étaient les points culminants de minutes, d’heures, de jours, et enfin, d’années passées à tendre avec diligence vers un but précis. Malheureusement, il y a aussi des histoires qui sont tout le contraire, un récit de dérive sans but, suivant le chemin du moindre effort. Lorsqu’un agriculteur obtient une récolte de maïs battant tous les records, il remplit ses silos d’un très grand nombre de petits grains. L’homme riche assis sur son tas d’argent compte toujours sa fortune pièce par pièce, qui elle-même peut être divisée en une centaine de petites unités. Le camionneur, quand il pousse son moteur diesel de 700 chevaux à fond, mesure là encore avec une quantité composée d’unités. Il semble qu’il n’y ait à vrai dire rien de grand ; mais seulement une collection de petites choses. Les petites choses. Oh, combien elles sont importantes! En être responsable. Les perdre. Leur accorder de l’importance ; ne pas en tenir compte. Les remettre à plus tard ; les faire maintenant. Les partager avec les autres. Tout n’a-t-il pas un petit début? Vous ne diriez jamais ce second mensonge si ce n’était pour couvrir le premier. Vous ne voleriez jamais une deuxième barre de chocolat si vous n’aviez pas volé la première. Vous ne prieriez jamais une deuxième prière si vous n’aviez pas prié une première fois. Notre vie n’est-elle pas composée de petites choses ? Quelqu’un m’a dit que son patron lui avait dit ne pas se faire de souci au sujet de l’argent servant à payer sa maison, mais plutôt de porter une attention particulière aux petits billets de cinq dollars qui sortaient de sa poche. « Oh, c’est une petite quantité » disons-nous. Mais est-ce qu’il y aura de grandes choses si les petits ne sont pas comptabilisés? Si le verrou ne tient pas sur la porte du tracteur, un jour le vent ouvrira la porte et l’arrachera. Il aurait suffi d’une petite réparation. Le toit fuit, une goutte à la fois, mais bien-sûr seulement lorsqu’il pleut. Nous posons un seau pour contenir l’eau, mais un jour le plafond s’effondrera. Le tas d’ordure derrière le hangar, maintenant gigantesque, a commencé par un morceau de ferraille. « Je vais essayer de commencer demain » disons-nous, et cette bonne intention nous donne du courage, mais demain ne vient jamais. L’aspirateur a un problème, facile à réparer, et on nous l’a rappelé à plusieurs reprises. Il rend l’âme juste avant que les invités n’arrivent, et voilà que non seulement l’aspirateur, mais peut-être aussi le mariage ont besoin d’être réparés. Il y a plusieurs années, voyant probablement que j’en avais besoin, un agronome m’a dit que tous les agriculteurs, les bons et les mauvais, font les mêmes choses, la seule différence étant que certains d’entre eux ne le font pas à temps. Combien d’entreprises ont fait faillite, combien de mariages ont naufragé, combien de témoignages chrétiens ont été détruits parce que les petites choses sont restées sans importance ? La négligence est-elle un péché? Le gaspillage est-il un péché? Et la procrastination? Toutes ces choses ont une chose en commun, c’est qu’elles nous dérobent de ce que nous avions avant. L’agriculteur planifie toute l’année, fertilise le sol, sème son champ, contrôle les mauvaises herbes, mais s’il surcharge le camion à la récolte et déverse une partie de la récolte à terre, tous ces efforts sont perdus. « Ce n’est qu’un boisseau», dit-il, mais ce qu’on transfère dans le silo se compte également en boisseaux. Les restes de la table sont jetés à la poubelle, « Ça ne vaut pas la peine de les conserver » disons-nous, mais tout comme dans le cas du boisseau de maïs, nous avons quand même travaillé pour cette nourriture, pour en fin de compte ne rien en tirer. Souvent, une entreprise fonctionne avec une petite marge de profit, et il suffit de quelques petits écarts pour faire la différence entre le succès et l’échec. La vie peut devenir monotone, et nous ressentons le besoin d’une petite sortie. Une excursion en ville nous fait envie; après tout nous avons une petite liste de choses dont nous avons besoin. La journée est consacrée au magasinage, et de nombreux produits joliment emballés et leur publicité habile attirent notre attention. Nous ne savions pas que nous avions besoin de ces choses avant de quitter la maison, mais maintenant il nous semble que la vie ne saurait être complète sans cet objet. En plus, aujourd’hui il est de 30% de rabais ! Ainsi, cinq dollars quittent notre poche, ou cinquante dollars, ou peut-être même cinq cents dollars. Peut-être que cet objet finira par ne servir à rien, entreposé sur une étagère recouverte de poussière, ou peut-être que l’article que cet objet a remplacé subira ce sort, même s’il était encore bon. Enfin, l’un ou l’autre sera vendu lors d’une vente-débarras, laissé pour une fraction de son prix original. Ou peut-être que vous êtes plutôt du type à justement être l’acheteur dans ces petites boutiques ou ces ventes-débarras, négociant un bon prix, ce qui peut être une bonne chose si nous nous rappelons le conseil de mon oncle, « Une aubaine n’est pas une aubaine, peu importe le montant épargné, à moins que vous en ayez réellement besoin ». Aujourd’hui est à nous, nous pouvons bien employer ce jour, ou le gaspiller. Et il est fort probable que ce sera un jour composé de petites choses. Ce pourrait une journée employée à écouter le chagrin de quelqu’un ou au cours de laquelle nous lirons une histoire à un petit enfant. Ce pourrait être une journée où il faudra s’occuper d’une corvée désagréable. Utilisez-la au maximum. Et comme l’auteur des Proverbes inscrit au chapitre 22, verset 29, « As-tu vu un homme habile dans son travail? Il sera au service des rois, et non à celui de gens d’une condition obscure. » Je ne crois pas que ce serait faire violence aux Écritures que d’ajouter les mots « mariage », « relations » ou « vie » au mot « travail ». La diligence est l’un des ingrédients clés dans la recette du succès. Nous avons le choix : si nous voulons être efficaces dans notre vie chrétienne, notre vie financière, nos relations et nos entreprises, nous devrons prendre soin des petites choses, parce que sans elles il n’y aura pas de grandes choses.

Tiré du Messenger of Truth (Héraut de la vérité), Vol. 113, n ° 07, 1er avril 2015.